Notes du match Ligue des Champions

Arsenal - Atlético de Madrid : les notes du match

Vingt ans plus tard, Arsenal retrouve une finale de Ligue des Champions. Les Gunners se sont imposés 1-0 face à l’Atlético ce soir (2-1 au cumulé). Avec de belles prestations, dans le secteur défensif notamment.

Par La Rédaction FM
15 min.

Avant le retour entre le Bayern et le PSG que la planète football attend (mercredi, 21h), Arsenal et l’Atlético ouvraient le bal. Après le 1-1 de la semaine passée, tout restait à faire dans cette première demi-finale retour de Ligue des Champions. Moins spectaculaire sur le papier certes, et moins attendu par le public, il y avait tout de même une place en finale à aller chercher. Ce n’est pas tous les jours pour ces deux formations, jamais sacrées dans cette compétition, d’être dans cette situation. Par rapport à l’aller, les Londoniens récupéraient Saka, titulaire avec Trossard en soutien d’un Gyökeres retrouvé, et un Lewis-Skelly aligné dans l’entrejeu. En face, Le Normand faisait son entrée au sein d’une défense qui s’apprêtait à être sollicitée.

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L’Atlético ne s’est pas non plus recroquevillé pour attendre le bon coup et sortir en contre. Les Matelassiers tentaient de faire jeu égal avec leurs adversaires, un peu plus mobiles et en confiance avec le ballon. Moins timorés par l’enjeu aussi. Malgré leur bonne volonté, les hommes de Diego Simeone ont accumulé beaucoup d’approximations techniques pour se montrer dangereux, à l’image de Lookman (23e) et d’un Griezmann inexistant offensivement, précieux défensivement. Il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent durant cette première demi-heure hachée. Doucement, les Gunners se rapprochaient de la zone dangereuse avec Trossard (33e, 35e) et Gyökeres (39e). Oblak veillait et parvenait à dominer l’espace aérien.

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L’Atlético n’a pas su emballer la seconde période

On attendait toujours la première véritable situation de cette demi-finale franchement ennuyeuse. Elle fut la bonne. Sur un excellent ballon de Saliba, Gyökeres évitait la sortie d’Oblak pour trouver Trossard au second poteau. La frappe du Belge obligeait Oblak à la parade, bien suivi par un Saka plus vif que le Normand (1-0, 45e). L’Atlético n’avait plus guère le choix au retour des vestiaires et devait prendre des risques. Griezmann jouait un cran plus haut et ça s’en ressentait. Gabriel effectuait un énorme sauvetage devant Simeone, qui avait bénéficié d’une mauvaise lecture de Saliba (51e). 5 minutes plus tard, Griezmann pénétrait dans la surface et mettait Raya à contribution (56e), suppléé par Gabriel, bénéficiaire d’une faute de Pubill peu évidente, alors que Griezmann, qui avait suivi, a lui bel été victime d’une semelle de Calafiori.

Le penalty n’était pas loin, preuve qu’Arsenal n’était pas encore tiré d’affaire. C’est paradoxalement le moment choisi par Simeone pour faire entrer Cardoso, Sorloth et Molina (58e), quand Ödegaard, Madueke et Hincapie entraient à leur tour. Sur l’un de ses premiers ballons, l’Équatorien délivrait une superbe balle de but pour Gyökeres dont la reprise finissait au-dessus de la barre (66e). La qualité des entrants anglais faisait la différence à l’approche de la fin de rencontre. Quand Baena et Almada peinaient à exister, que Sorloth gâchait une énorme occasion (86e), Arsenal affichait plus de maîtrise, à défaut de se procurer des situations. C’est bien cela que craignait l’Emirates Stadium, jusqu’à l’explosion de joie. Bien parti pour remporter sa première Premier League depuis 2004, le club anglais sera aussi de la finale de C1, la seconde de son histoire après 2006, le 30 mai prochain à Budapest.

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L’homme du match : Gabriel (7,5) : quel défenseur il est devenu au fil des années. Placé dans l’axe gauche de la défense centrale, le Brésilien a répondu présent dans les duels et a dégagé une certaine sérénité face aux mouvements adverses. Solide dans l’impact, il a aussi tenté d’apporter offensivement sur phases arrêtées et sur ses montées. À la 18e minute, il s’est même essayé à une lourde frappe lointaine qui est passée à quelques centimètres seulement du cadre madrilène. Une première période appliquée et autoritaire de la part de l’ancien du LOSC. Il a perdu son duel de la tête face à Le Normand au retour des vestiaires, avant de sauver les siens face à Simeone (50e). Gabriel a remporté tous ses duels en seconde période, étant un poison pour Alvarez, puis pour Sorloth.

Arsenal

- Raya (6) : indiscutable dans les cages londoniennes, le portier espagnol a vécu une première période contrastée. S’il a tenté de ressortir proprement le ballon à plusieurs reprises, il a aussi pris énormément de risques dans ses relances courtes face au pressing des Colchoneros. Une audace qui a failli coûter cher à la 23e minute, lorsqu’il a complètement raté son dégagement dans les pieds des milieux de terrain de l’Atlético. Heureusement pour lui, les pensionnaires du Metropolitano n’en ont pas profité derrière. Il a haussé son niveau en seconde mi-temps, à l’image de son bel arrêt à l’heure de jeu face à Griezmann. Raya a aussi bien capté un centre de Alvarez (64e).

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- Calafiori (5) : choisi par Mikel Arteta pour occuper le couloir gauche à la place d’Hincapié, l’Italien a livré une première période sérieuse dans l’ensemble. Défensivement, il n’a quasiment jamais été réellement mis sous pression par les offensives de Giuliano Simeone et a affiché beaucoup de calme dans ses interventions. Offensivement en revanche, son apport a été bien plus limité, lui qui est très peu monté dans son couloir. Il a malgré tout perdu un duel dangereux en glissant face à Marcos Llorente à la 29e minute. L’Italien s’est retrouvé seul dans la surface, mais a perdu son duel (53e). Il a été remplacé par Hincapié à la 58e. L’entrant a directement apporté offensivement, à l’image de son centre parfait (66e).

- Gabriel (7,5) : voir ci-dessus.

- Saliba (7) : l’international français a probablement été le patron de cette défense londonienne durant ces 45 premières minutes. Très propre dans ses relances, l’ancien Stéphanois a été chirurgical techniquement et particulièrement précieux pour casser les premières lignes adverses. Défensivement, il a remporté la majorité de ses duels aériens et s’est montré très solide face aux déplacements de Julián Alvarez et Antoine Griezmann. Il a réalisé une première période de très haut niveau dans de choc de C1. William Saliba a également été très sérieux ensuite, enfermant complètement Alvarez. Il a manqué une tête offensive à la 82e.

- White (6) : relancé dans le onze après sa prestation compliquée au match aller, le latéral droit a bénéficié de la confiance de son entraîneur. Opposé à Lookman pendant toute la première période, il a réussi à rester relativement solide défensivement sans pour autant totalement rassurer. En revanche, son apport offensif a été quasiment inexistant, laissant souvent Saka se débrouiller seuls dans les phases de projection. Il a livré une copie sérieuse sans être réellement marquante lors du premier acte. Ensuite, White a repoussé un ballon dangereux à la 47e, avant de récidiver à la 53e.

- Lewis-Skelly (6) : remonté d’un cran au milieu de terrain, le jeune Gunner a affiché beaucoup de personnalité dans cette première période. Très mobile entre les lignes, il a tenté d’apporter du liant au cœur du jeu et s’est montré intéressant techniquement dans les petits espaces. Il a notamment délivré un excellent centre en première période, malheureusement sans présence dans la surface pour le reprendre. Au vu de son activité et de sa qualité technique, il a clairement donné l’impression qu’il aurait pu avoir sa place dès le match aller. Il a été remplacé par Zubimendi à la 73e. L’Espagnol, lui, a surtout défendu : à l’image de son ballon chipé à la 79e.

- Rice (6,5) : omniprésent dans l’entrejeu, l’international anglais a encore été le véritable soldat d’Arteta. Très agressif dans le bon sens du terme, il a été sur tous les ballons et a multiplié les interventions importantes, à l’image de son retour devant Julián Alvarez à la 21e minute. Malgré quelques fautes commises dans l’intensité, il a aussi énormément apporté offensivement. Sa percée magnifique à la 24e minute, sur laquelle il a éliminé plusieurs joueurs dont Griezmann avant de centrer parfaitement, a fait énormément de mal au bloc de Simeone. Il a également tenté sa chance de loin à la 35e, obtenant finalement un corner après un contre adverse. Il a été tout aussi importe lors du second acte, très remuant.

- Eze (5,5) : utilisé en numéro 10 derrière Viktor Gyökeres, l’Anglais a bénéficié d’une grande liberté dans ses déplacements. Très actif entre les lignes, il a souvent décroché pour venir participer à la construction du jeu et apporter du surnombre dans l’entrejeu. Il a remporté plusieurs duels importants et a provoqué des fautes précieuses, notamment à la 26e minute dans une zone dangereuse. Sans être décisif, il a tout de même apporté beaucoup de fluidité au jeu offensif des Gunners. Il a été remplacé à la 58e par Martin Ødegaard. L’ancien du Real Madrid a récupéré le brassard de capitaine et a évolué assez bas sur le terrain.

- Saka (7) : de retour dans le onze en Ligue des Champions après avoir débuté le match aller sur le banc, le capitaine londonien a rapidement montré son importance dans cette équipe. Très remuant face au solide Ruggeri, il a constamment tenté de provoquer sur son aile droite malgré quelques déchets techniques, notamment sur son énorme occasion ratée à la 17e minute sur corner. Mais dans les grands rendez-vous, il répond souvent présent. Juste avant la pause, il a parfaitement suivi l’action après le travail de Trossard et a poussé le ballon au fond pour donner l’avantage aux siens (1-0, 44e). Un but capital dans cette demi-finale. Il a été remplacé par Madueke à la 58e. L’ex-joueur de Chelsea n’a pas vraiment réussi à peser sur le jeu.

- Trossard (6,5) : préféré à Martinelli après le match aller compliqué du Brésilien, le Belge a réalisé une première période intéressante sur le côté gauche. Opposé à Pubill dans un duel constant, il a affiché beaucoup de qualité technique et une vraie capacité à conserver les ballons sous pression. À la 34e minute, il a encore démontré toute sa puissance physique avant de subir un gros coup d’épaule de Griezmann. Très bien placé sur le centre parfait de Gyökeres, il a vu sa tentative repoussée par le gardien… directement dans les pieds de Saka pour l’ouverture du score (1-0). Une action où il a eu un rôle majeur. Il a été légèrement plus discret en seconde période et a été remplacé à la 83e par Martinelli.

- Gyökeres (6) : arrivé lancé après une semaine parfaite marquée par son doublé en Premier League et son penalty transformé à l’aller au Metropolitano, le Suédois a connu une première période compliquée dans les duels. Très peu trouvé dans de bonnes conditions, il a souffert face à la défense madrilène et a perdu plusieurs affrontements physiques, notamment à la 31e minute face à Ruggeri. Malgré cela, il a su rester décisif dans un match où il a pourtant peu existé offensivement. C’est lui qui est à l’origine de l’ouverture du score après une percée solitaire conclue par un excellent centre pour Trossard, dont la frappe repoussée a ensuite profité à Saka (1-0). Il a tenté sa chance dans la surface, mais il a vu la défense de l’Atéltico contrer son tir (54e). Gyökeres était tout proche de doubler la mise, mais il n’a pas réussi à rabattre le très bon centre de Hincapié à la 66e. Idem à la 76e…

Atlético de Madrid

- Oblak (5) : comme lors du premier duel à Madrid, difficile de noter et d’évaluer la prestation du Slovène, puisqu’il a été assez peu sollicité par des Londoniens assez peu dangereux. Sur le but des locaux, il sort une belle intervention tant bien que mal sur la frappe de Trossard, mais le ballon revient sur un Saka qui le crucifie. Rien de plus à signaler…

- Pubill (6,5) : brillant lors du match aller dans l’axe de la défense, il était de retour à son poste naturel, celui de latéral droit. Et il a été assez bon, sécurisant bien son côté, par lequel les Gunners ne sont que très peu passés. Son apport offensif a cependant été un peu maigre, ne se projetant pratiquement pas vers l’avant même lors des séquences de possession des siens. Peu avant l’heure de jeu, avec les changements de Simeone, il est repassé dans la charnière centrale où il a encore répondu présent, solide dans les duels notamment. Très bonne double confrontation pour l’Espagnol.

- Le Normand (5) : l’international espagnol retrouvait le onze titulaire ce soir, probablement aligné pour ajouter un peu de muscle et de puissance dans le jeu aérien sur coup de pied arrêté, gros point fort d’Arsenal. Il avait d’ailleurs la lourde tâche d’être au mariage de Gyokeres pendant la plus grosse partie de la rencontre et il a globalement bien tenu face à l’attaquant norvégien. Il pouvait éventuellement être plus attentif sur le but de Saka, ce qui gâche un peu sa prestation assez honnête au final. Sorti pour faire place à Cardoso (57e), qui n’a pas vraiment trouvé sa place dans le match.

- Hancko (5) : le défenseur tchèque n’a pas démérité, dans une nouvelle soirée où les joueurs d’Arsenal ont globalement assez peu attaqué. Ses statistiques défensives le prouvent, avec 2 interceptions, plusieurs dégagements et des duels gagnés, que ce soit au sol ou dans le jeu aérien. Avec le ballon, il a aussi été assez propre. En revanche, il se loupe sur Gyokeres sur l’action qui emmène le but d’Arsenal juste avant la pause.

- Ruggeri (5) : le latéral gauche italien a rendu une copie assez satisfaisante dans l’ensemble. Avec un gros client comme Saka face à lui, il a bien tenu, n’étant que très peu pris à défaut par l’espiègle ailier anglais. Quelques petites approximations parfois, notamment dans le placement, mais il n’a globalement rien à se reprocher ce soir. Un peu timide sur le plan offensif lui aussi malgré quelques bons ballons distillés vers des joueurs positionnés plus haut que lui.

- Koke (5,5) : le milieu emblématique de l’Atlético a été très utile dans l’entrejeu. Véritable pitbull, il n’a rien lâché sur le plan défensif, harcelant le porteur du ballon et ne lésinant clairement pas sur les efforts. Ce qui a clairement porté préjudice aux Gunners. Avec le ballon, on l’a senti un peu plus à l’aise que lors du premier round à Madrid, et il est clairement meilleur avec Llorente à côté de lui qu’avec Cardoso. Il a harangué ses troupes tout au long du match, tentant de porter l’équipe sur le dos même lors des moments forts londoniens.

- Llorente (6) : de retour au milieu de terrain, celui qui était habituellement utilisé côté droit était encore omniprésent. Grâce à ses conditions physiques surhumaines, il a multiplié les interventions défensives partout dans sa moitié de terrain, prêtant main forte à son arrière-garde. Il a coupé plusieurs actions offensives des Londoniens et a, comme à son habitude, beaucoup participé au jeu. Un peu moins tranchant et déséquilibrant dans les derniers mètres que d’habitude cependant, mais ça reste une prestation tout à fait honnête pour l’ancien du Real Madrid, qui a terminé le match côté droit.

- Simeone (4) : le Cholito a vécu une soirée assez compliquée. Un rôle assez ingrat au final puisqu’il a dû multiplier les courses pour défendre, et n’a pu toucher que très peu de ballons dans des secteurs intéressants du terrain. Au retour des vestiaires, il a une superbe situation dont il ne parvient pas à profiter, alors qu’il n’avait qu’à pousser le ballon au fond des filets, bien gêné par Gabriel, il faut dire (50e). Il a été remplacé par Nahuel Molina (57e), qui s’est positionné à droite de la défense avant de jouer très haut sur la fin de match, ne pouvant pas faire grand-chose au final.

- Lookman (3) : il avait manqué de nombreuses occasions lors de la première manche, et il avait donc sûrement à cœur de se refaire ce soir à Londres. Mais comme au Metropolitano, le Nigérian est passé à côté. Lors du premier match, il avait au moins eu le mérite de créer du danger devant, ce qui n’était pas le cas ce soir, puisqu’il n’a jamais su se démarquer ou s’offrir des situations intéressantes. En plus d’être souvent mal positionné et jamais dans le rythme du match, on l’a aussi senti assez maladroit sur le plan technique. Sorti pour laisser sa place à Sorloth à la 57e, qui n’a pas vraiment eu de ballons intéressants à se mettre sous la dent. Et lorsqu’il en a eu un, il n’en a pas profité à l’image de son tir totalement raté (86e).

- Griezmann (5) : pas le meilleur Grizi, mais pas le pire Grizi non plus pour son dernier match en Ligue des Champions. Assez actif d’entrée, il était toujours bien trouvé par ses partenaires entre les lignes, créant du danger aux abords de la surface des Gunners. Il était en revanche un peu trop isolé. En deuxième période, contrairement à ce qu’on avait vu à l’aller, il a été assez maladroit, avec plusieurs mauvais choix et transmissions manquées. Raya lui sort tout de même une belle parade sur cette frappe (56e). Il faut aussi lui donner du crédit pour son gros travail défensif, allant même jusqu’à réaliser quelques interventions providentielles dans sa propre surface en première période. Remplacé par Thiago Almada (66e), assez peu en vue.

- Julian Alvarez (3,5) : après un match aller très convaincant, pendant lequel il avait pu prouver qu’il est bien un joueur d’élite malgré une saison globalement moyenne, l’Argentin n’a pas rendu une très bonne copie ce soir. On ne l’a que trop peu vu, n’ayant pratiquement aucune influence et aucun impact dans les derniers mètres, pas loin d’être fantomatique. L’entrée de Sorloth l’a un peu libéré, lui permettant de décrocher et de participer un peu plus au jeu, mais il a très vite dû quitter le terrain, touché à la cheville, et c’est Alex Baena qui l’a remplacé à la 66e. L’international espagnol a cependant été assez discret.

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